En animation de spectacle, les spectateurs voient bien des choses diverses, notamment lorsque l'animation concerne les moments d'action; Ces moments "forts" peuvent s'apprécier plus ou moins facilement selon le degré de connaissance des spectateurs et des acteurs et selon la manière dont ceux-ci sont réalisés :
Quelle que soit l'époque considérée, globalement, les combats peuvent etre montrés de trois manières différentes, selon l'état d'esprit de la compagnie ou de la troupe qui la présente : Nous allons parler ici de "combat calé" ou de "semi calé" pour terminer par la méthode "instinct et frappe confiance"
Chacune de ces trois méthodes, qui ont leurs adeptes inconditionnels, présente des avantages, des inconvénients et une typologie particulière.
1 - le combat calé : c'est la plus habituelle, la plus utilisée aussi par les professionnels du spectacle et tous ceux qui aspirent à présenter un combat "bien léché"... en théorie; Ici, pas d'improvisation, les coups et enchaînements sont chorégraphiés complêtement à l'avance; C'est la méthode la plus sécurisante car tout est censé être prévu pendant le "montage" du combat; Il ne peut se faire qu'entre des PARTENAIRES qui ont chacun appris leur "rôle" (c'est d'ailleurs pourcela qu'il est pratiqué essentiellment dans le monde du théâtre et du cinéma, car il peut s'apparenter à une mini-pièce de théatre... les acteurs y ont chacun leur personnage qu'ils peuvent pousser dans leur expression, car les phrasés du texte sont autant travaillés que les phrasés des armes; Son inconvénient est qu'il ne souffre que très peu d'écart par rapport à la préparation, et qu'il est dépendant de la mémoire des acteurs... s'il y a un trou de mémoire dans la gestuelle il est difficile de se récupérer et d'improviers... à moins de l'avoir prévu et anticipé pendant le montage du combat... Pour cela il existe quelques recettes
De notre expérience, un tel combat se sépare en plusieurs phases , mises en jeu par des "passes" ou des "enchainements", que l'on peut séparer en "passes standards", faciles à apprendre, a mémoriser et à modifier pour les masquer (la même phase peut se faire en avant, en arrière, en déplacement circulaire, en inversant les mouvements,etc...) et en "passes spéciales", plus difficiles, plus longues, et demandant un apprentissage technique plus fin; ce sont ces passes spéciales, parfois risquées à passer qui nécessitent le plus de travail, de répétitions, et qui sont le plus enrichissantes en terme de création chorégraphiques...
l'inconvénient de cette méthode est qu'elle nécessite du temps de répétition, qu'elle s'adapte mal à l'improvisation et qu'un combat ne peut se faire que par des partenaires qui l'ont répété ensemble
2 - le combat semi-calé : C'est une variante plus libre du combat calé... (cette façon de faire m'a été soufflée par les "Chevaliers de franche-comté" et est tres interessante à travailler; Elle peut se faire au sein d'une troupe qui ont tous le même système de combat );
Grosso-modo la méthode est celle-ci ; Au sein de la troupe, on travaille des enchainements connus de tous, dans les deux rôles ("initiateur" de l'enchainement - celui qui fait le premier mouvement de l'enchainement - , comme "répondant"... en canne ou en boxe on dirait "tireur A" et "tireur B" ), et matérialisés, reconnus par des phrases codes : Chaque passe correspond à une phrase code claire, si possible en langage naturel et cohérent avec l'époque représentée... Tant que le combattant ne connait pas toutes les passes travaillées avec les phrases correspondantes, il ne peut aller en spectacle !
Le principe de mise en situation est que le combat proprement dit n'est pas écrit ; il part en semi-improvisation; l'un ou l'autre des combattants dit l'une des phrases-codes apprises et envoie alors le premier mouvement de la passe, l'autre combattant lui donne alors la réplique en allant alors jusqu'au bout de la passe... si une autre phrase code est dite par l'un ou l'autre alors c'est reparti pour une autre passe, etc... chaque combattant peut alors prendre l'initiative de faire telle ou telle passe;
Plus la troupe travaille de passes différentes, plus le combat peut durer longtemps sans faire plusieurs fois la même.
L'avantage de cette méthode est que l'on peut "improviser dans l'instant" un combat puisque rien n'est écrit à l'avance; Par contre il est difficile de "finir proprement le combat" car il n'y a, de fait, pas de scénario dans un tel combat; On ne sait pas non plus combien de temps cela va durer, pour la même raison. A moins de définir des passes "finales" - c'est à dire des passes qui mettent hors combat l'un ou l'autre des combattants; Mais il faut alors avoir une sensation du temps qui s'est écoulé pour que le combat ne soit pas ni trop long, ni trop court !
Une méthode alternative, amusante à travailler, qui permet de s'affranchir du stress du "trou de l'acteur"... Si l'un des deux oublie une passe, on repart sur une autre en lançant une autre "phrase code" et en priant pour que ça ne se voit pas.
3 - le combat à l'instinct et la "frappe confiance" : Cette 3è forme semble de plus en plus pratiquée... Elle se veut une sorte de combat libre dans lequel les coups sont arrétés... pour être bien fait, il necessite une totale écoute du partenaire et un gros travail en amont pour savoir quand on a "l'initiative", et quand on doit se contenter de "subir" ... rien n'est écrit à l'avance, et il n'y a pas de phrase-code pour servir de repère... Inutile de dire qu'il faut être bien protégé pour que cela se fasse sans risque, et qu'il faut travailler avec un partenaire que l'on connait bien, et qui, s'il s'oppose, nous laisse toutefois travailler pour que cela ne tourne pas au pugilat informe ! C'est cette dernière qualité qui fait la différence entre un "beau" et un "moche" combat...
La difficulté de ce type de méthode provient souvent du fait que l'on ne sait pas qui prend l'initiative de l'enchainement. Les mouvements ne peuvent pas non plus être trop compliqués et doivent etre bien dessinés, biens clairs, pour etre parés ou esquivés et que le combat continue, sinon, on arrive bien vite à une touche réelle... en espérant qu'elle soit contrôlée à l'arrivée !
Un type de combat ou l'on prend des risques, et qui s'approche plus d'une méthode d'entrainement pour acquérir le coup d'oeil; assurément pas la plus chorégraphique et satisfaisante pour l'oeil du spectateur... A moins d'un énorme travail d'entrainement. dans lequel des rêgles de sécurité draconniènnes soient intégrées !