De tous temps, toutes les civilisations ont utilisé les bâtons comme arme. Il était alors étudié en temps que tel ou comme préparation pour l'étude de l'arme blanche, de toutes longueurs. En occident, il faisait partie de la panoplie enseignée dans les académies d'armes, de vieux traités techniques nous le prouvent. Mais jusqu'au 19è siècle, personne ne semble enseigner uniquement la canne et le bâton.
Pendant la Révolution Française, un édit proclame l'interdiction du port de l'épée; c'est la fin de l'étude systématique de « l'escrime aux lames » pour les gens qui veulent apprendre à se défendre : Les maîtres d'arme vont plutôt mettre l'accent sur des moyens de défense légaux, c'est à dire les cannes de marche, les bâtons plus ou moins longs... et la lutte sans arme et avec coups frappés; L'escrime aux lames va être reléguée aux duels d'honneurs au sein de la bonne société, et la lutte aux couches plus populaires dans le cadre des foires (troupes de lutteurs ambulants qui se produisaient pour quelque argent).
Des professeurs vont codifier, début 19è cette nouvelle technique, en reprenant des principes d'escrime, car souvent ils étaient aussi maîtres d'armes militaires pendant l'épopée Napoléonienne, mais en les enrichissant de leurs recherches personnelles et l'adaptant à la nature de l'arme (comment rendre le coup de poing ou de bâton plus efficace, moins prévisible, etc...). Aucune méthode commune n'existait, chacun enseignant dans son coin, ou dans son arrière-salle de café « l'escrime au bois » ou « l'escrime des poings » appelée aussi « adresse parisienne ».
Milieu du 19è siècle, la pratique se répand, et les classes plus aisées s'y interessent, d'abord pour pouvoir s'encanailler dans les bals des « barrières » (les fortifications des grandes villes), puis, avec le développement de la mode « hygiéniste » (étude de l'anatomie et des bienfaits de l'éducation physique et de l'hygiène sur l'organisme), en tant que moyen d'éducation physique, qui préfigure la notion de sport moderne.
Canne, savate et bâton seront alors enseignés au sein de l'armée comme disciplines de base de l'instruction du soldat (méthode Joinville dite « des 4 faces »). l'escrime y conservera bien sûr une bonne place ( y compris l'escrime à la baillonette). Quelques noms sont à connaître surtout à travers les traités techniques qu'ils nous ont laissés.
Il faut noter que tous ces professeurs enseignaient conjointement, canne, bâton, lutte, gymnastique, escrime... en cherchant des liens entre tous ces aspects. Des plus anciens aux plus modernes : Les frères LECOUR (1840), LEBOUCHER, de Rouen (1843), Charles DUCROS (1850 environ), LARRIBEAU (1856), Joseph CHARLEMONT (1860) et son fils Charles CHARLEMONT (1880 environ), Pierre VIGNY (Elève des Charlemont qui essaime en Angleterre et en Australie), Georges DUBOIS (1905), Emile ANDRÉ (1904). En plus d'enseigner dans un esprit «self-défense», tous participaient avec plus ou moins de bonheurs aux grandes « rencontres », assauts payants qui se déroulaient fréquemment et donnaient lieu à paris ou mises en argent.
La guerre de 1914 met un frein brutal à toutes ces activités; Le vivier de pratiquants (plus de 100 000 en 1910) et de professeurs est décimé. La savate, la canne et la lutte parisienne tombent en sommeil, seulement entretenus par quelques centaines de pratiquants, concentrés surtout en région parisienne.
L'attrait de la boxe anglaise professionnelle, la lutte olympique puis les disciplines asiatiques en sont également responsables.
Dans les années 1960, quelques professeurs vont reprendre le flambeau, en synthétisant et uniformisant les techniques éparses. Pierre BARUZI, Sylvain SALVINI et Maurice SARRY vont créer une première fédération.
Ce sera le début d'un intense recherche technique et pédagogique pour faire renaître ces disciplines mais sous un aspect éminemment sportif et éducatif;
La Fédération Française de Savate-Boxe Française et Canne comprend plus de 30000 pratiquants environ en France, a une existence internationale et dispense une multitude de disciplines : Boxe Française, savate et bâton défense, canne et bâton, savate forme...
Plusieurs méthodes coexistent en France, en face de cette méthode fédérale, notamment une, méconnue mais qui existe depuis longtemps : «la Méthode Lafond» – Roger LAFOND est un professeur de 90 ans environ, qui est une sorte de conservatoire technique, car il enseigne encore les techniques de 1920, apprises quand il était jeune ! Sa méthode regroupe quelques centaines de personnes.
A côté de celles-ci, précurseurs du « mouvement canne » depuis des décennies, sont apparus quelques avatars, tous interessants à des degrés divers, qui proposent d'autres « visages » de l'activité : la méthode proposée par l'AAF et Jean Promard, très proche de l'escrime au sabre, celle proposée par Jean-Luc Mordret (le Tuatha Bann ar Gwez) qui propose une technique somme toute « classique » mais avec un décorum qui la rend originale (costume, musique « celte »...) et des règles d'assaut inspirées de la capoeira brésilienne; la méthode de Bourdon et Bâton de combat de Jean-Louis Brinker, mélange de bâton chinois et de canne européenne; Le Bâton Traditionnel de Roger Pozzi, sur Lyon... et sans doute d'autres oubliées ici, mais que nous brûlons de connaitre !
Enfin dernieres créations, les méthodes "inspirées police-self-défense moderne" dans lesquelles la canne intervient au titre d'arme dont le port est autoriséé par la loi - on ne peut interdire à quelqu'un de se déplacer avec une canne s'il en a besoin pour se déplacer, faute d'une bonne mobilité (invalidité, accident...). La canne présente tout de suite un visage moins "aggressif" que les tonfas et autres bâtons télescopiques; les méthodes en développement sont celles du capitaine de police Jean-Jacques Levinet, qui dans son académie de selfdéfense Levinet, ressuscite un enseignement de canne uniquement orienté « défense personnelle », avec une canne à crochet. Une autre que l'on peut citer est celle de Pascal Tournier, au sein de l'ADAC, la "Canne de rue", recrée à partir de la canne ancienne, du Kali et du Tonfa policier.
Aux USA aussi certaines méthodes de canne ressurgissent, pardon... surgissent, notamment celle de Mark R. Shuey sr, issue de ses recherches en hapkido/taekwondo/tang soo do... Mais nous nous éloignons vraiment de notre sphère culturelle d'influence ! 
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Compléments d'informations (notamment l'iconographie complémentaire de cet article) sur le site partenaire et ami "Aqua Ferro Escrime", dans le "Salon des Bretteurs" de la rubrique "Escrime Artistique"